Pollution visuelle : une agression du quotidien pour une hypersensible
En tant qu’hypersensible, je suis facilement fatiguée et « agressée » par la surstimulation visuelle.
Quand je prends la voiture pour rentrer chez moi après une journée de travail, je dois redoubler d’efforts pour m’insérer dans un rond-point tellement il a d’automobilistes et qu’ils conduisent comme des fadas pour aller chercher leurs enfants à l’heure à la sortie de l’école.
Quand je suis travail et qu’il y a des affiches pour expliquer tout ce qu’on doit faire : dans quelle poubelle mettre le pot de yaourt, la procédure d’allumage de l’ordinateur, de l’imprimante, du lave-vaisselle, et puis, encore des affiches pour les jours de congés. Et, oh tiens, des dessins d’anciennes personnes accompagnées qui ne sont plus là depuis 10 ans.
Ou bien, lorsque je suis au supermarché et que je vois à l’entrée un stand de boîtes de céréales, toutes avec des couleurs les plus vives possibles pour attirer l’œil des enfants, avec dessus tous les « bienfaits » qu’elles ont (riches en fibres, riches en vitamines).
Cela relève autant d’une bataille commerciale que d’une bataille visuelle qui m’agresse, moi citoyenne qui n’a rien demandé et qui n’achète pas de céréales.
Je ne regarde jamais les chaînes télévisées, à l’exception de la Star Academy, qui a repris pour mon plus grand bonheur. Le choc que j’ai eu quand j’ai regardé les publicités, j’en ai eu la tête qui a tourné…
Les publicitaires nous font un lavage de cerveau, les pubs vont vite, nous donnent l’impression que nous avons un manque, qu’elles ont la solution, que l’achat de leur produit va nous procurer du plaisir (le dernier hamburger d’un fast-food, des bottes en cuir pour la saison pluvieuse qui arrive, une envie de voyage alors que notre budget ne nous le permet pas).
Mon cerveau a littéralement bugué. J’avais les yeux grands ouverts, hypnotisée, la bouche ouverte comme un teubé.
Au bout de la dixième pub, je suis revenue à la réalité. J’ai pris du recul, et je me suis rendue compte que j’étais manipulée par les publicitaires qui m’avaient fait miroiter et croire que je n’étais pas suffisante par rapport aux attentes de la société.
La surstimulation visuelle de la télévision, je peux facilement l’éviter.
La pire, c’est celle que je subis et que je ne peux pas éviter.
Si vous avez des astuces pour pouvoir y faire face je suis preneuse.
Parfois j’essaye de créer une bulle autour de moi pour me recentrer sur moi, mes ressentis. J’essaye d’accepter que la surstimulation visuelle me fatigue et m’agresse, mais il faut que je continue ma journée, et cela est parfois compliqué. La seule chose qui m’apaise, c’est de rentrer chez moi, de me couper du monde extérieur pour me reposer et recharger mes batteries.
✍️ Evagonie